J7 : Cache-cache

La Corse Puis Le Belem
15 septembre 2018

Parcours : Cargèse - Galeria
Distance : 55 km

Dernier tour de montagne aujourd’hui avant de rendre la voiture. 700 mètres de dénivelé dans le cirque de Bonifato, heureusement à l’abri des pins. On peut y suivre un bout de GR 20, pour se donner le goût pour plus tard peut-être (qui veut ?), jusqu’au refuge de Carrozzu. Les abords du refuge grouille de monde, je n’ose imaginer ce que cela doit être en pleine saison.

Cache-cache avec le soleil Cache-cache avec le soleil

En poussant un peu plus loin, il y a notamment une magnifique passerelle en acier, tendue au-dessus du vide.

Randonner seul peut permettre parfois d’être plus ouvert à son environnement et de voir des choses qu’on n’aurait point vu autrement. Et là au détour d’un virage, à quelques mètres d’un sentier, deux chevreuils me regardent d’un air surpris. Ils s’éloignent doucement et vont se perdre dans les sous-bois le temps que je sorte mon appareil photo. Au lacet suivant un peu plus bas, en faisant un peu de hors piste, je les retrouve. Ils n’ont pas l’air très farouches, mais je ne veux pas leur faire peur aussi je me contente de les observer à une vingtaine de mètres à travers les fourrés.

Cache-cache avec un chevreuil Cache-cache avec un chevreuil

Je me permets une autre citation à propos du voyageur solitaire, de R.L. Stevenson cette fois-ci.
« À présent, pour se goûter convenablement, une randonnée à pied doit être faite seul. Si vous l’entreprenez en groupe, ou même à deux, elle n’a plus de la randonnée pédestre que le nom; c’est quelque chose d’autre qui se rapprocherait davantage du pique-nique. Une randonnée à pied doit se faire seul, car la liberté est essentielle; parce que vous devez être libre de vous arrêter et de continuer, et de suivre ce chemin-ci ou cet autre, au gré de votre fantaisie; et parce que vous devez marcher à votre allure. »

Mais il était pas totalement misanthrope non plus le père Stevenson, puisque quelques chapitres plus loin il ajoute : « Et pourtant, alors même que je m’exaltais dans ma solitude, je pris conscience d’un manque singulier. Je souhaitais une compagne qui s’allongerait près de moi au clair des étoiles, silencieuse et immobile, mais dont la main ne cesserait de toucher la mienne. Car il existe une camaraderie plus reposante même que la solitude et qui, bien comprise, est la solitude portée à son point de perfection. Et vivre à la belle étoile avec la femme que l’on aime est de toutes les vies la plus totale et la plus libre. »

Je rends la voiture avec près de 1000 km en plus au compteur, et je redescends jusqu’à Calvi, faisant un bout de chemin avec deux belges chargés jusqu’aux épaules, bassine et tapis de couchage pendouillant de leur sac, débarquant tout juste de l’avion pour attaquer le GR20 dans quelques jours.

Après avoir déposé mon sac à l’hôtel, une grande bâtisse au parfum italien qui devait être un pensionnat par le passé, je pars au renseignement à la gare. Je prendrai le train pour Ajaccio demain matin, il me faut donc un billet. Le guichet me semble fermé, mais en allant sur le quai je découvre le préposé dudit guichet assis sur un banc en train de fumer et de papoter. Quand je lui fais part de mon envie de lui acheter un billet, il m’informe que le moment n’est pas opportun, et qu’il faudra que je revienne demain matin avant le départ pour mon billet. Soit.

La citadelle de Calvi dans le couchant La citadelle de Calvi dans le couchant

La ville de Calvi est étendue le long de sa plage, jusqu’à arriver à sa citadelle, posée sur un rocher à la pointe de son anse. Pavée de galets par endroits, elle est principalement piétonne. Et même si elle est relativement petite, on peut néanmoins se perdre facilement dans son dédale de petites ruelles calmes. C’est ici que j’ai rendez-vous avec le soleil couchant dont je ne me lasse plus.

Photos
(cliquez pour agrandir)