J0 : Le Havre

Journal De Bord Transatlantique
7 août 2015

Puisque pour partir en cargo, c’est mieux d’être au bord de la mer, me voici arrivé au Havre où débute notre récit.

Le soleil est là, mais même en plein mois d’août, il ne faut pas s’en éloigner de trop pour ne pas avoir à enfiler de petite laine.
La ville en elle même offre quelques jolies perspectives et reste très aérée malgré sa taille (170 000 habitants). Cela vient très certainement de la mer dont on sent souvent la présence à l’horizon sans vraiment la voir, et des nombreux bassins parfaitement intégrés au paysage.

Bassin du commerce au Havre
Bassin du commerce au Havre

Mais cela est aussi dû à un évènement de l’Histoire, Le Havre a en effet été entièrement ravagé par les bombardements alliés à la fin de la dernière guerre, ce qui a entrainé sa reconstruction ex nihilo.
Une « opportunité » pour les architectes qui ont tout misés sur un matériau à la mode après guerre, le béton armé. Des milliers de bâtiments ont été construits en préfabriqué bétonné, dans un souci d’efficacité. Non ne fuyez pas, le béton armé, c’est beau.

Le béton, c’est beau
Le béton, c’est beau

Bon d’accord, il faut y ajouter des colonnes, des terrasses, des gardes-corps et des auvents pour casser la régularité grisâtre de la matière brute. Il y a bien quelques bâtiments dont on sent le poids du temps sur les épaules, mais dans l’ensemble tout est bien conservé et s’unit agréablement avec les constructions plus modernes.
Si vous n’êtes toujours pas convaincu, sachez que l’UNESCO a classé le centre-ville au patrimoine mondial de l’humanité il y a 10 ans, pour cette particularité architecturale.
Les années 1960 sont encore bien présentes dans le paysage urbain. Souvenez-vous de cette époque bénite où l’uranium servait à fabriquer des dentifrices ou à conserver des patates (à partir de 3’53). Et bien au Havre, par excès de zèle pour le précieux métal, ils ont poussé le vice jusqu’à construire une centrale nucléaire en plein centre ville !

La centrale nucléaire du Havre
La centrale nucléaire du Havre

Bon d’accord, ce n’est qu’une salle de spectacle, mais avouez que la ressemblance est troublante.
Le Havre offre aussi une plage pour les courageux, et des nombreuses digues fréquentables à pied, ce qui me permet d’aller observer le flux régulier des énormes navires qui quittent le port aujourd’hui, avant d’en faire de même demain.
Pour terminer la journée, je prends un peu de hauteur sur la colline qui surplombe la ville et la vallée de la Seine. Il y a là un ancien fort, reconverti en jardin botanique, et qui porte dorénavant un nom plus modeste : « Les Jardins Suspendus ».

Les Jardins Suspendus du Havre
Les Jardins Suspendus du Havre