Cargo : conclusion

Journal De Bord Transatlantique
6 septembre 2015

S’il est besoin d’une conclusion après ce voyage, c’est que cela a été une très belle aventure, qui ne me laissera que de très bons souvenirs. Et il est probable que je recommence !

Voici quelques questions que j’ai pu me poser, ou que qu’on peut logiquement se poser avant de faire ce type de voyage. Mes réponses se basent sur mon expérience à bord du Fort Saint-Louis, cela varie certainement d’un bateau à l’autre (l’équipage n’étant pas le même) et d’une compagnie à l’autre.

Faut-il prendre à boire et manger ?

Non, des bouteilles d’eau minérale nous sont fournies dans notre cabine (équipée d’un frigo), et les repas sont très copieux. De l’avis de tous, nous avons trop mangé. Par contre si vous avez des contraintes alimentaires fortes, étant donné que le menu est identique pour tout le monde, vous risquez de ne pas tout manger. Les plats sont toutefois assez variés (viandes, poissons, légumes, féculents, desserts, fruits).

Comment monte-on à bord ?

Il y a une petite passerelle qui nous permet de monter tranquillement à bord, elle est plus ou moins haute selon l’état de la marée. Et pour les bagages, s’ils sont un peu volumineux, il y a un treuil juste à côté et l’équipage se charge de tout monter à bord.

Comment s’habiller ?

La clim est assez présente, pensez à prendre au moins un pull, et puis un k-way pour passer du temps dehors sans craindre le vent. Prévoyez aussi une paire de chaussures pour l’extérieur et une pour la cabine (pour ne pas salir la moquette).
Attention, et notamment à quai quand il n’y a pas de vent pour éloigner les fumées d’échappements du moteur, il y a des petites particules de suie qui peuvent nous retomber dessus si on en haut sur la passerelle. Ne mettez pas à ce moment là les vêtements auxquels vous tenez le plus, ou alors pensez à nettoyer rapidement.

A-t-on le mal de mer ?

Chacun étant différent à ce niveau, je ne peux que vous donner mon ressenti. Je suis malade sur les routes de montagne en voiture. Il m’arrive dans des trajets en bus de 20 à 30 minutes de descendre avant d’être arrivé car je ne me sens pas bien. Et dans le cargo, je ne me suis senti pas bien qu’une après-midi quand nous avons commencé à être en plein Atlantique. Je n’étais pas malade pour autant, j’avais juste besoin de me concentrer sur ma respiration et de prendre l’air pour aller un peu mieux. Je n’arrive pas à évaluer si les jours suivants le roulis et le tangage se sont atténués (il me semble), ou si mon corps s’est habitué. Quoiqu’il en soit il y a des médicaments contre le mal de mer à l’infirmerie, il suffit de demander au second.

La mer a aussi ses périodes de calme et de tempête, en voyageant en plein été comme dans mon cas les risques de grosses tempêtes sont très faibles.

Faut-il savoir parler anglais ?

Non, pas sur ce bateau où les officiers parlent français, car c’est à eux le plus souvent qu’on a à faire. Ceci étant dit, maîtriser quelques bases permet de faciliter un peu les échanges avec l’équipage philippin (le maître d’hôtel par exemple), mais ce n’est pas un pré-requis.

Y a-t-il des conditions particulières à remplir ?

La seule condition que je vois, c’est celle d’être en bonne forme physique et de savoir déambuler sur le bateau sans problème (capable de monter des escaliers parfois un peu glissants par exemple). Il est demandé un certificat médical un mois avant le départ pour s’assurer de cela, car il n’y a aucun médecin à bord. Le second suit des stages de secourisme et il y a une infirmerie à bord, et de plus en cas de problème grave il y a un lien direct qui est fait avec un service spécialisé de l’hôpital de Toulouse pour avoir l’avis de médecins en direct.

Et à côté de cela, il y a tout un tas de paperasses à remplir qui peuvent faire un peu peur (décharge de responsabilité, etc), mais ça reste purement législatif.

Ne s’ennuie-t-on en pleine mer ?

Une des passagères se plaignait régulièrement de trouver ça un peu monotone (mais c’est relatif, c’était loin d’être la déprime totale), pour ma part je ne suis absolument pas ennuyé une minute (à part l’après-midi où je n’étais pas bien). Et si vous me demandez ce que j’ai bien pu faire durant ces 11 jours de voyage, je suis bien embêté pour vous répondre, car je n’ai pas fait grand-chose justement. Cela est certainement dû au fait que la notion de temps est différente, qu’on n’a plus la même nécessité à « remplir » sa journée, et qu’on la subit, dans le sens où on n’est plus qu’un simple observateur sans aucun moyen d’action pour sortir de cet espace clos.
Pour vous donner une idée, j’avais embarqué 8 livres dont plusieurs pavés, une quinzaine de films sur mon ordinateur ainsi que de quoi écrire. Résultat j’ai lu 2 livres, regardé 3 films et rien écrit hormis ce carnet.
Voici quelques idées de choses qui peuvent être faites à bord :

  • discuter avec l’équipage (pendant les heures creuses de travail)
  • vous promener sur le bateau, et vous isoler de tout en allant devant
  • observer la mer, les poissons, les oiseaux et les mammifères !
  • faire du sport (musculation, course à pied ou ping-pong si vous avez comme moi la chance de tomber sur un passager qui affectionne ce sport), durant les horaires de travail la salle est toujours libre.
  • lire : livres perso ou à piocher dans la bibliothèque du bateau (500 livres environ à vue de nez) ou du commandant (200 livres environ, dont beaucoup de BD)
  • regarder les films où les séries qu’on a jamais eu le temps de voir : à prévoir avant ou à piocher dans le dvdthèque du commandant (200 dvd environ)
  • tenir un journal de bord
  • profiter de l’isolement pour s’adonner à ses passions créatives (photo, peinture, broderie, etc) ou non, même si cela nécessite un peu de matériel car on peut embarquer jusqu’à 100kg (attention au retour en avion par contre).
  • dormir
  • méditer
  • etc

Si vous avez d’autres questions, faites m’en part dans les commentaires, j’y répondrai avec plaisir :)